Premier artiste français à avoir posé sa voix sur le micro désormais incontournable de COLORS, Sopico a de nouveau collaboré avec le média allemand, mais cette fois-ci pour exposer une autre facette de son art. Adepte du contre-pied, pour la venue de COLORS à Paris, le rappeur du 18ème a présenté sa première exposition photo intitulée MONOCOLORS et composée presque exclusivement de clichés en noir et blanc. Pour l'occasion, Sopico s'est livré au fil d'une discussion mêlant photographie, musique, modeet sneakers. Un échange singulier et surprenant, à l'image de la personnalité atypique du rappeur de 25 ans : "Si tu veux surprendre, innover, prendre des risques artistiquement, il faut lâcher prise pour avoir les meilleures idées. C’est dans ce rapport là que beaucoup d’artistes ont trouvé leur singularité."

 

Comment s'appelle ta première expo photo ?

Pour une fois que j’ai l’occasion de montrer autre chose que de la musique, je me retrouve à exposer sur le Canal Saint-Martin, hébergé par COLORS, le média allemand, et je me suis dit que j’allais faire quelque chose à l’image de ce que j’aime. Je prends beaucoup de photos, surtout en noir et blanc, donc cette expo je l’ai appelée MONOCOLORS. C’est une manière de faire un clin d’œil à COLORS et en même temps d’expliquer le traitement de mes photos uniquement en noir et blanc.

 

Ça fait longtemps que tu fais de la photo ?

J’en fais depuis un moment mais ça n’a jamais vraiment été une vocation pour moi. Je me suis toujours dit que c’était génial de pouvoir capturer des moments et d’essayer de capter des choses dans ce qu’on observe, de les imprimer... Je connais des gens qui sont super talentueux et qui font ça bien donc je me suis motivé à prendre un appareil ou deux à chaque fois que je partais en voyage comme ça je revenais avec des souvenirs. Et ces photos ce sont des souvenirs de ces moments là.

 

Tu shootes à l’argentique ou au numérique ?

Pour l’expo, j’ai shooté quasiment uniquement avec un boitier numérique et il y a une partie des photos qui ont été faites à l’iPhone. Je dois avoir 20 000 photos dans mon téléphone du coup, le tri a pris du temps mais les photos à l’iPhone racontent quelque chose d’un peu plus personnel.

 

Qu'est-ce que tu aimes photographier ?

Ce que j’aime le plus, c’est prendre des photos de gens ou de paysages et les rendre un peu abstraites. Avec du mouvement, la lumière, le contraste... ça donne des photos un peu mystérieuses. C’était une bonne expérience de faire ça et il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir pour la musique et qui ont rencontré une autre partie de mon désir créatif.

 

Quels sont les points communs entre ta musique et tes photos d’un point de vue créatif ?

Pour moi ça revient au même, ce sont des formes d’expression. Ce sont deux moyens d’expression qui sont hyper intéressants. Je voulais aller un peu plus loin en montrant mes photos et plus tard j’aimerais même créer du contenu original autour des voyages et de la construction de mes albums. Par exemple, sur les 20 photos exposées, il y en a 5 qui sont disponibles en NFT. Pour ça, j’ai créé de la musique avec une intelligence artificielle et je l’ai liée à mes photos.

 

Selon toi, est-ce qu’il existe des passerelles entre ces différentes formes d’art ?

Je pense qu’il y a de plus en plus de passerelles entre les genres aujourd’hui et qu’on peut s’en créer assez facilement en faisant autre chose que juste de la musique. Pour moi il y a aussi quelque chose de très important, c’est le fait de profiter. Si tu veux surprendre, innover, prendre des risques artistiquement, il faut lâcher prise pour avoir les meilleures idées. C’est dans ce rapport là que beaucoup d’artistes ont trouvé leur singularité. Pour moi c’était très simple, c’était la guitare et le rap. J’ai fait beaucoup de rap sans ma guitare au début et maintenant je fais beaucoup de rap avec. Mon truc à moi c’est le mélange entre ma guitare et le rap.

 

Quel lien entretiens-tu avec COLORS ?

Le média a été lancé moins d’un an avant que je sorte mon COLORS, il n’était pas aussi gros que maintenant mais ça avait quand même pris une certaine ampleur. J’ai toujours adoré le contenu qu’ils proposent et quand je les ai rencontrés je suis tombé sur une équipe vraiment bienveillante, une bête d’équipe. On se connait depuis 2016, 2017 maintenant. J’ai un rapport artistique avec eux, mais aussi très amical.

Pour eux, le fait que je sois le premier français à avoir fait un COLORS ça compte beaucoup. La première fois qu’ils ont enregistré une session pour un Français c’était la mienne. Ce qui est bien c’est qu’aujourd’hui on est dans une situation où des artistes aux 4 coins du monde peuvent exprimer leur talent.

 

C'est quoi ton rapport avec la mode ?

J’aime les pièces, les vêtements un peu rares. Ce que j’aime le plus dans le vêtement, c’est quand il est bien travaillé. Les pièces que je vais affectionner le plus, ça va être de très beaux jeans ou de très belles vestes. Sinon j’aime vraiment bien les pièces à l’ancienne. J’ai un pote qui me trouve des pièces incroyables comme du Avirex neuf ou des jerseys originaux qui viennent directement des États-Unis. J’ai un pote aussi au Japon qui récupère des pièces rares qui viennent de Harajuku.

 

Et avec les sneakers ?

En termes de sneakers, j’aime les grands classiques mais aussi les paires un peu plus spéciales. Je suis dans deux teams : la team rock donc je porte des Converse mais d’un autre côté je suis aussi team Nike. Donc je porte des Dunk Low, des Air Force 1, des Shox... récemment je me suis même demandé si je n’allais pas me racheter une paire de Total 90 ! On avait l’impression de mieux jouer au foot avec cette paire, quand on jouait sur des terrains accidentés (rires).

L’important c’est d’avoir une paire qui te plait, dans laquelle tu es à l’aise. Après dans toutes les marques il y a des grands classiques. Tu peux mettre une paire de Air Force 1 ou une paire de Asics GEL, tout dépend de l'attitude que tu vas envoyer avec tes vêtements et ta paire.

 

Tu fais attention à ce que tu portes quand tu montes sur scène ?

Bien sûr. J’essaye toujours d’allier des vêtements mais avant je piochais seulement dans ma garde-robe donc ça m’est arrivé de faire des erreurs. Maintenant j’ai des portants de vêtements et c’est intéressant d’essayer des tenues que je n’ai jamais portée, c’est un autre délire.

Le plus important quand tu portes des vêtements c’est de se faire plaisir. C’est comme dans la sapologie. Il faut avoir de l’assurance, si tu veux combiner des choses il faut les combiner avec assurance sinon ça n’a aucun intérêt. Il y a des gens qui ont dégainent des looks incroyables et ça marche parce qu’ils le font juste avec la bonne attitude.

Photo de couverture : @colorsxstudios/Yann Rabanier
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