Hunter
HUNTER, LA BOTTE DE PLUIE EN CAOUTCHOUC DEPUIS 1856
HENRY LEE NORRIS FONDE HUNTER À ÉDIMBOURG EN 1856
La plus britannique des marques de bottes a été fondée par un Américain. En 1856, l'inventeur Henry Lee Norris s'installe à Édimbourg, dans les bâtiments des Castle Silk Mills, et crée la North British Rubber Company. Il fait venir d'outre-Atlantique ses ouvriers qualifiés et ses machines pour produire la première botte Wellington en caoutchouc.
Le choix de l'Écosse n'a rien de sentimental : Norris détenait l'accès au procédé de vulcanisation que Goodyear venait de breveter, et c'est cette technologie qui rendait soudain possible une botte étanche, souple et durable. Tout part de là.
POURQUOI LA BOTTE HUNTER S'APPELLE UNE WELLINGTON
Le nom précède le caoutchouc de quarante ans. En 1817, Arthur Wellesley, premier duc de Wellington, demande à son bottier de modifier ses bottes d'équitation : il veut une forme ajustée, débarrassée des glands, confortable à cheval mais assez élégante pour la vie sociale. L'aristocratie britannique s'en empare, et le nom reste attaché à la silhouette.
La bascule décisive, elle, se joue dans la boue. Pendant la Première Guerre mondiale, l'usine produit plus d'un million de paires pour l'armée britannique, destinées à prévenir le pied des tranchées causé par une exposition prolongée à l'humidité. C'est au retour des soldats que la botte en caoutchouc devient un objet civil acceptable, puis l'uniforme de la campagne anglaise.
L'ORIGINAL BOOT HUNTER : 28 PIÈCES ASSEMBLÉES À LA MAIN
L'Original Boot sort en 1956 et n'a pratiquement pas bougé depuis. Chaque paire compte 28 pièces découpées à la main d'après un patron en trois dimensions, assemblées sur une forme en aluminium propre à la marque, pour un montage qui s'étale sur trois jours. Le latex naturel vient de plantations gérées de façon responsable en Indonésie, au Vietnam et en Thaïlande.
Le reste est une affaire de mandats et d'images. Royal Warrant du duc d'Édimbourg en 1976, de la Reine en 1986. En 1981, la princesse Diana porte des Hunter sur ses photos de fiançailles : la botte quitte la campagne. En 2005, Kate Moss à Glastonbury en fait l'accessoire officieux des festivals. Le Victoria & Albert Museum résume bien le mouvement : dès les années 80, la Wellington devient l'accessoire d'une clientèle urbaine aisée qui idéalise le mode de vie de la gentry rurale.
LES BOTTES CHELSEA HUNTER : DOWNPOUR ET ELEMENTS
Toute la gamme ne monte pas au genou. La Downpour Chelsea est la plus légère et la plus facile à glisser dans un sac, l'Elements Elastic Chelsea mise sur ses soufflets latéraux pour s'enfiler d'un geste, et l'Elements Neoprene Chelsea ajoute une doublure néoprène qui change tout dès que la température descend.
Deux coloris structurent la sélection : le noir, et ce Dark Olive qui n'est autre que l'héritier direct du vert de campagne devenu la couleur signature de la maison. Une botte de pluie courte se porte sur un jean légèrement remonté ou un pantalon fuselé, jamais sur une coupe trop large qui viendrait buter sur la tige. Côté boots, elle voisine avec les Dr Martens et les Timberland, et avec les UGG dès que l'hiver s'installe. C'est surtout le genre de chaussures qu'on laisse près de la porte d'entrée plutôt qu'au fond d'un placard : une botte de pluie ne sert que si elle est à portée de main.
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